André Dubreuil
André Dubreuil (1951-2022) se forme à Londres comme peintre et décorateur, avant de se tourner vers le travail du métal au début des années 1980, aux côtés de Tom Dixon. Au sein du collectif Creative Salvage qu'ils forment ensemble, il devient une figure centrale de la nouvelle scène du mobilier britannique, développant un vocabulaire de fer forgé, de cuivre et de métal émaillé qui traite le mobilier comme une sculpture plutôt qu'une fonction — des pièces comme la chaise Spine et la chaise Ram, toutes deux de 1986, restent étroitement associées à son nom.
Son travail ultérieur circule librement entre référence historique et pure invention, du cabinet à la lanterne jusqu'à l'horloge, conçue selon ses propres mots comme prétexte à de petites compositions symboliques. Dubreuil s'installe par la suite au Château de Beaulieu, en Dordogne, où il continue de concevoir mobilier, horloges et trophées jusqu'à sa mort en 2022.
La Galerie Gastou présente le travail de Dubreuil dès 1988, trois ans seulement après son ouverture, à l'occasion d'une exposition intitulée André Dubreuil, œuvres classiques – œuvres nouvelles — le plaçant aux côtés d'Ettore Sottsass et de Shiro Kuramata parmi la première génération de créateurs présentés par la galerie. Surnommé « le poète du fer », il transformait une matière brute et rigide en formes aériennes, presque végétales ; son mobilier baroque, forgé à la main, trouve naturellement sa place dans l'identité de la galerie au cours des années 1990, où il occupe aujourd'hui encore une place de choix.